Dans un appartement qui évoque un plateau de cinéma, une femme traverse une nuit de souvenirs. Seule, elle revisite les amours qui ont façonné sa vie.
— D’où vient ce titre, Un peu de fièvre ?
D’une lecture du seul livre en prose du poète italien Sandro Penna, Un po’ di febbre, publié à Milan en 1973. J’aime chez Penna ce goût de partir de motifs très simples, ordinaires — l’amour, les corps, les villes, les souvenirs, les rencontres — et de les aborder de façon mystérieuse, presque comme des apparitions. C’est à la fois très banal et très insaisissable, et c’est quelque chose qui m’intéresse beaucoup théâtralement.
Un peu de fièvre est la première séquence du projet Appartamento, un dispositif de résidence de recherche pensé avec mes collaborateur·ice·s artistiques et techniques. Appartamento est une réflexion théâtrale et engagée sur notre rapport au fantasme et à la solitude. Ici, le désir apparaît comme une fièvre : une montée progressive qui traverse les corps, trouble la perception du réel, et ouvre un espace où le fantasme peut se déployer, une manière aussi d’échapper, un instant, au désordre du monde.
— Comment cette recherche se partage-t-elle avec le public ?
Au Théâtre Les Tanneurs, le public est invité à partager une étape de travail et à observer l’œuvre en train de se construire. Appartamento aboutira à une forme finale et orchestrale présentée en 27/28.